Voir les photos >>>

Le lien parle de Juridiction du Largoët. Précisons grâce à cet article que j'ai trouvé sur le site du Conseil Général de Loire-Atlantique sur une spécificité bretonne.

Le mariage

Le mariage a obéi à des règles civiles et religieuses, dont la mise en place et la formulation se sont effectuées et précisées au cours des siècles. Lorsque tout ou partie des obligations préalables à la célébration de la cérémonie ne pouvaient être remplies, les futurs époux avaient cependant des recours possibles qui leur permettaient d'obtenir une exception à la règle.

Bien que, sous l'Ancien Régime, il n'ait existé qu'un mariage religieux, le pouvoir royal a considéré le mariage comme un contrat civil, appartenant de ce fait à l'ordre politique et il l'a en conséquence soumis aux lois de la puissance séculière. Il est donc intervenu à plusieurs reprises pour « légiférer » en ce domaine. Ainsi, Henri II, à la suite du scandale provoqué à la Cour par un mariage clandestin, fit publier en février 1556 un édit sur ce sujet, fi xant la majorité matrimoniale à 30 ans pour les hommes et 25 pour les filles. Au XIXe siècle, elle était de 25 pour les hommes et de 21 pour les filles. Le défaut de consentement des parents ne rendait pas nul le mariage, mais donnait seulement aux parents la possibilité de déshériter leurs enfants. Au XIXe siècle, si les époux non majeurs voulaient se marier contre le gré de leurs parents, ils avaient la possibilité de leur notifier leur projet par un acte respectueux . Ils envoyaient, par notaire, par trois fois à un mois d'intervalle, une sommation en termes respectueux. Le refus des parents n'empêchait pas le mariage, mais le retardait d'autant.

En l'absence des parents, le consentement au mariage pour les mineurs était donné par les tuteurs et curateurs. La Bretagne faisait exception : la coutume, pour protéger les mineurs, avait fixé que la célébration devait être autorisée par un décret de justice ou décret de mariage . Le ou la mineur(e), assisté(e) de plusieurs parents (oncle, tante, cousins directs ou par alliance) comparaissait à l'audience du juge de la seigneurie dans lequel se trouvait la paroisse où devait être célébré le mariage ; il (elle) y présentait sa requête, puis le juge rendait sa sentence. Mention est faite de ce décret dans l'acte de mariage dressé par le curé du lieu. Cette procédure permet de connaître la proche parenté du demandeur. Les décrets sont à chercher, pour l'Ancien Régime, dans les minutes du greffe des sénéchaussées de Nantes et de Guérande et les registres des causes d'office des justices seigneuriales et, à partir de la Révolution, dans les fonds des justices de paix. Il a existé, àcôté de cette procédure, celle de l' émancipation : le père pouvait ainsi déclarer majeur son enfant mineur, ce qui lui conférait alors la pleine capacité juridique, donc celle de se marier sans son consentement.